Mon premier titre de champion de France par Hugo

Hugo a 15 ans et est déjà champion de France. Il nous parle ces journées inoubliables où il a conquis le premier titre de sa carrière avec ses coéquipiers. Son récit est exemplaire. Il semble avoir tout compris : l’entraînement, l’hygiène de vie, comment se mettre en condition avant et pendant la compétition, l’esprit d’équipe, il donne des conseils et il connaît tous les termes du métier. Une phrase résume bien son état d’esprit :

« Je finis au mental en pensant à la récompense qui est au bout ! »

Place au récit d’Hugo :

« Alors voilà, je vais parler d’un des plus beaux jours de ma vie, un moment incroyable, des sensations uniques et juste inoubliables !

Samedi 5 juin 2010, 5h00 du matin, départ de Parthenay (Deux-Sèvres), direction Pierrelatte dans la Drôme pour mes premiers championnats de France (ce qui est normal étant donné que j’ai commencé le triathlon en Octobre 2010), je suis engagé en minimes avec mes 3 autres coéquipiers (et meilleurs amis dans la vie), Quentin, Victor et Amaury. Les parents et accompagnateurs du club sont nombreux. Papa est là mais malheureusement Maman n’a pu venir, car elle doit garder Jeanne, ma petite sœur. 
Le voyage est assez long, environ 8 heures de route. Entre sieste, jeux de cartes et pronostics sur la course du lendemain, on ne voit pas le temps passé.

Repérages et décrassage

Arrivé à l’hôtel, je décide de m’installer avec Amaury (Amo). On dépose rapidement les affaires afin d’être rapidement opérationnels et aller sur le site de la course pour repérer les parcours et faire un léger décrassage. Ca nous aide à récupérer du fastidieux trajet.

Premières constatations, le site est vraiment sympa. L’eau du lac, où se déroulera l’épreuve de natation, est bleue turquoise, le parcours vélo est plutôt bon et celui de la course à pied s’annonce sélectif, 3 kilomètres relativement plats sur chemins blancs et herbeux, mais avec dans les 400 derniers mètres, 2 grosses bosses, histoire de nous couper les jambes à la fin de la course !

Les jambes en l’air

Les repérages finis, nous retournons à l’hôtel.  Notre coach, Boris Dessenoix, nous fait le briefing sur ce qui va se passer demain, puis direction le self pour les fameuses pâtes d’avant course et hop au lit avec les jambes en l’air bien évidemment pour éliminer les restes du voyage et la fatigue accumulée de la journée. Bien sûr, on prépare aussi nos affaires : dossard, vélo et dernières discussions avec Amo sur cette course tant attendue par nous 4.  On s’endort, derniers rêves avant le retour à la réalité le lendemain.

Bien se nourrir

Dimanche 6 juin 2010, 6h00, le réveil sonne ! C’est le jour J. LA course, celle à ne pas manquer ! 
On s’habille en vitesse, et on descend prendre le petit déjeuner (croissants, fruits, etc.) Il faut surtout bien se nourrir pour éviter « l’hypo » pendant la course. Le départ n’est prévu que dans plus de 3 heures, à 9h45.

Pression

Arrivés sur le site de la course, la pression est palpable auprès de tous les jeunes triathlètes, les minutes défilent et le départ de la course des minimes filles est donné à 9h, plus qu’une demi-heure avant mes premiers championnats de France !!
Dernier échauffement avec les gars, derniers conseils du coach, derniers encouragements et le speaker appelle enfin les minimes garçons pour qu’on vienne se placer sur le bord du lac à quelques minutes du départ.

Départ de LA course

Tout le monde est stressé. Nous pouvons à peine bouger tellement nous sommes serrés, chacun veut la meilleure place sur la ligne de départ. La chambre d’appel complète avec tous les concurrents, les organisateurs se décident enfin à enlever les barrières ! Là ça pousse vraiment fort et d’ailleurs certains en tombent parterre ! Moi, voulant éviter le chahut, je me suis écarté sur un côté et malheureusement, je me retrouve derrière plusieurs lignes de concurrents. Le départ promet d’être difficile !
 A une minute du départ, j’essaie de repérer les gars afin de ne pas trop être perdu. J’aperçois Quentin (photo de gauche) et Victor (photo de droite) en première ligne, il faut que j’arrive à leur « prendre les pieds ».
Le speaker s’approche et tient dans la main le fameux pistolet synonyme du départ, il le lève, et tire ! C’est enfin parti !

 

« La machine à laver »

Les premiers mètres sont difficiles dans « la machine à laver », c’est véritablement ça, des coups viennent de partout et un gros bouillon fait par tous ces minimes.  Au bout de 50 mètres, j’ai enfin réussi à me placer et je peux alors nager sans être bousculé. La natation est mon point fort, je me sens assez bien dans l’eau malgré un départ loupé, sans doute dû au manque d’expérience.

Avec Quentin et Victor, sans Amo

Les 400 mètres sont vite avalés et je sors en 10e position de l’eau. C’est plutôt une bonne place même si je loupe le premier pack. Quentin lui a réussi à l’attraper et il est une quinzaine de secondes devant moi.

Je monte sur mon vélo et relance de toutes mes forces afin d’accrocher mon pack.  Je m’aperçois alors que Victor est là lui aussi. Une bonne nouvelle mais qui s’accompagne d’une plus mauvaise car Boris m’apprend qu’Amo est sorti derrière nous et est dans un pack beaucoup plus loin que nous.

Durant le parcours vélo, aucun problème particulier, l’ambiance est assez détendue malgré l’enjeu, une situation à double tranchant d’ailleurs puisqu’on n’a pas réussi à reprendre la tête de course où se trouve Quentin. On vient à bout des12 km de vélo mais le plus dur reste à venir. Il reste la partie où je vais le plus souffrir, la course à pied.

35°C !

Première constatation : la chaleur est accablante ! Plus de 35°C, ça va chauffer !
Les premiers hectomètres sont difficiles et je suis irrémédiablement lâché par les gars de mon groupe, y compris Victor.

A la moitié du parcours, mon père m’annonce que je suis dans le top 20 et que si je continue comme ça, on pourrait même faire une vraie perf’ par équipe, alors je continue, je m’accroche. Les jambes sont lourdes, mais je finis au mental en pensant à la récompense qui est au bout !

20e

J’aperçois la ligne d’arrivée. La délivrance, enfin ! Je la passe et mon coach me confirme que je fais une belle 20ème place malgré une course à pied qui laisse à désirer. Je rejoins Quentin et Victor qui sont déjà arrivés et ils m’apprennent alors que normalement… nous devrions être Champions de France !

Le TGC79 Champion de France !

C’est à ce moment-là que Jacky Baudrand, notre président vient nous confirmer l’excellente nouvelle, nous sommes bien titrés par équipe ! Le TGC79, mon club, est champion de France 2010 en minimes.

Un sentiment de bonheur intense m’envahit. Cette sensation d’autant plus géniale que j’ai pu la partager avec mes amis. Malheureusement l’équipe se compose de 3 triathlètes et donc Amo, qui est arrivé en quatrième position, ne compte donc pas dans le classement de l’équipe. C’est la seule déception, mais à côté de ça, la fierté d’apporter au club son premier titre de champion de France en Triathlon ( Amo, Quentin et Victor avait également remporté le titre national en Duathlon un mois auparavant).
17h00, c’est le moment de monter sur le podium afin de recevoir nos maillots de Champions de France, la Marseillaise, les photos et la joie d’être réunis tous les 3 sur ce podium national.

Le plus beau souvenir de ma vie, ce fut un week end exceptionnel, riche en émotions, et je fais ce sport pour revivre des moments comme ça, aussi conviviaux que magiques …  :-))) »

Merci Hugo, voici mon avis : tu as la mentalité d’un champion et j’en ai rencontré plusieurs dans ma vie. Je sais de quoi je parle. La différence entre un sportif et un champion, on la note en deux principaux points.
Le premier, dans la façon de gérer sa préparation. La seconde, c’est dans la tête : un moral à toute épreuve. Dans ton récit, j’ai ressenti aussi bien l’un que l’autre. J’ajouterai un troisième point. Celui qui mène à se réserver une voie d’issue. On ne sait jamais ce qui peut se passer et on est jamais sûr de rien. Il faut toujours prévoir et s’investir dans ses études ou une autre passion. Et toi, tu as la chance d’avoir un autre talent. Tu t’exprimes parfaitement et tu pourras certainement devenir un excellent rédacteur. Même si tu te vois plutôt avocat ou prof d’espagnol après ta carrière de triathlète. Ton récit est le meilleur que nous avons reçu et il est de qualité. Encore bravo Hugo.

Notre concours reste ouvert. Nous attendons d’autres récits aussi touchants, vrais et passionnés que celui d’Hugo.

Rappel du concours :

suite à l’article « Ma vie d’athlète en direct sur le web » avec l’interview exclusive de David Hauss, nous lançons le concours :

« MA VIE DE SPORTIF SUR LE WEB » : Vous êtes un jeune sportif (moins de 21 ans) ou moins jeune (plus de 21 ans) et vous aimez écrire.

NetZ s’associe à 1Elan2Com, nous souhaitons vous encourager en vous donnant l’occasion de vous exprimer sur votre passion.

Quelques idées : Vous voulez parler de votre dernière compétition, d’un champion qui est votre modèle, d’un club qui vous fait vibrer, d’une rencontre qui vous a marquée, publier une photo  de votre première course comme celle de la triathlète suisse Mélanie Annaheim (fiancée de David Hauss), etc.

Envoyez-nous vos articles à social@1elan2com.fr . Les meilleurs articles seront publiés sur ce blog.