David Hauss raconté par son père – Part 3

– Tout semble parfait dans la vie de la famille Hauss. L’arrivée et l’installation sur l’Ile de la Réunion a été profitable à tous. Bien sûr, les pépins ne les ont pas épargnés, à commencer par le tristement célèbre chikungunya. Maintenant, David doit encore progresser, s’il veut arriver sur le podium des J.O., car cette fois, il devra le faire ‘pour de vrai’ et sans perdre le plaisir de ses jeux d’enfant. Le bonheur dépendra d’une poignée de secondes…

PHOTO DU TRIATHLETE FRANCAIS DAVID HAUSS

« Lorsque l’on voit les résultats des dernières grandes épreuves internationales regroupant l’élite mondiale, il n’y a qu’une poignée de secondes qui sépare les 10 premiers du podium.
On sait maintenant que le triathlon sur distance Olympique peut se perdre en natation mais se gagne à pieds. A Londres, pour être champion olympique il faudra vraisemblablement courir en moins de 30 minutes sur les 10 km.
Il est ensuite évident en analysant les courses et ensuite en regardant les résultats de David que cette poignée de seconde il va falloir aller la chercher à pieds. D’autant plus que souvent, il la laisse filer en toute fin de parcours. Il lui manque 1,5/2km pour finir à l’emballage final.

Cette poignée de seconde, elle est dans les jambes mais aussi dans la tête.

En 2007 lorsque nous avons commencé ensemble, l’objectif était d’arriver à courir vite. Cet objectif est en passe d’être atteint. Maintenant il reste un peu plus d’un an avant les Jeux pour arriver à courir vite… pendant longtemps !
Pour ça il y a plusieurs pistes possibles. Ce peut être de poser le vélo plus frais de façon à entamer le moins possible le capitale vitesse/endurance course. Donc de travailler la partie cycliste. Depuis un an nous y travaillons et c’est là, je pense qu’il avait le plus de progrès à faire et qu’il en a fait le plus. C’est une piste mais il y en a d’autres.
En dehors de tout élément technique ou physiologique, je reste persuadé que la clé de sa progression, c’est David qui la détient.
Elle est dans sa tête.
Je suis persuadé que lorsqu’il aura vraiment pris confiance en lui, conscience en ses possibilités et sur ce qu’il est capable de faire.  Alors… »

– il sera champion olympique, en tout cas, on vous le souhaite de tout coeur. Je trouve cette relation entre un père et son fils très touchante. Seulement pour l’exemple donné, le couple Hauss mériterait ce titre. David a aussi d’excellentes relations avec son entourage. Il semble être très proche de son public, des fans et de son « île ». Notamment en s’investissant dans les nouveaux médias et en étant présent avec les blogs, sites web, twitter, facebook.

« David et effectivement très proche de son Ile et de sa famille. C’est un tout qui fait partie de son équilibre.

Il faut comprendre :

La Réunion peut être considérée comme un grand village où tout le monde se connaît plus ou moins selon les régions (nord, sud).

La presse en générale, est un acteur important de la vie réunionnaise. Par exemple, 2 fois par jour il y a, sur une des radios locales, des avis de décès. Cela pour avertir tout un chacun de la disparition d’un proche, parent ou amis. Ce qui montre bien l’importance des ramifications qui existent entre tous ses habitants.

Les médias donc, s’intéressent à David depuis le début de son aventure. D’abord chez les jeunes ici, puis à ses débuts en métropole, et maintenant comme étant un de « ses enfants » en passe de représenter la France (et donc la Réunion) aux Jeux Olympiques.

Beaucoup le connaissent et bon nombre ont l’impression de le connaître sans l’avoir jamais vu.

L’éducation qu’il a reçu (là je me redresse de fierté), et la simplicité de David fait qu’il reste très cordial avec tout le monde et donc très sympathique aux yeux de tous. Quelque part très proche.

S’investir comme il le fait dans les nouveaux médias ? Oui c’est une évolution normale du sport moderne.

Les athlètes professionnels gagnent de l’argent (dans le triathlon, ce serait plutôt… ils essayent) avec des sponsors, parce qu’il sont vus, connus, reconnus.
Des sociétés gagnent de l’argent en se servant de leurs images. Plus ils se font voir, plus les gens peuvent s’identifier à eux, veulent le même matériel, la même coupe de cheveux (non pas les cheveux c’est un mauvais exemple :)), etc.
Et donc logiquement, plus ils apparaissent, plus ils gagnent de l’argent. Encore que là, on est dans le domaine du sport de haut niveau et c’est vrai : il faut des résultats.
Maintenant, il y a bien des mecs (ou des filles) qui ne font strictement rien et dont on parle sans arrêt (le contraire est malheureusement vrai. Des gens qui donnent jusqu’à leur propre vie pour les autres et dont on ne parle pas et qui finissent dans la misère. Mais c’est la vie ma pov’Lucette)

Le triathlon est un sport jeune, il est encore difficile de faire comprendre au grand public le fait qu’il existe une multitude de distance avec à chaque fois un champion du monde de la distance.

Dans l’image des gens cela reste le sport où les mecs finissent en franchissant la ligne d’arrivée en rampant. Et même s’il s’est très largement démocratisé pour les initiés, c’est une image encore très tenace dans la vision des gens.

Il est donc logique, qu’en terme d’argent, ou de retombées médiatiques, que nous restions loin, très loin de ce qui se passe dans d’autre sports plus populaires. Si David (ou un autre d’ailleurs) peut être le précurseur d’une nouvelle façon de voir le triathlon, de le « démocratiser » et donc de le dédramatiser, aidant à le rendre plus lisible alors il peut se servir de tous les médias qu’il désire. »

Propos recueillis par Denis Gentile

A lire du même auteur : « L’opinion et la fierté d’un père ou l’histoire de Joël et David Hauss » publié sur le blog des auteurs, MoreThanWords.fr)

Retrouvez la première partie et la deuxième partie de l’interview sur ce blog.